Deux-Sept
« J’ai vu que tu as changé, que se passe-t-il ? »

« J’ai vu que tu as changé, que se passe-t-il ? »

Voici tout ce que refuse Benjamin Perreau et il l’explique en préambule : « Silence À L’Écoute est une association que j’ai cofondée, voici 4 ans maintenant, avec mon jeune frère, Simon. Cela faisait suite aux nombreuses agressions sexuelles et aux viols que nous avions subis alors adolescents. »

11 ans de trouble, une révélation tardive, du soin, une plainte, un long parcours judiciaire, et enfin un jugement : « Notre agresseur, notre entraîneur de tir à l’arc a été condamné à 15 ans de prison ferme. » Maintenant directeur de l’association, Benjamin Perreau entend contribuer à la parole des violences sexuelles des victimes, dans l’enfance. « Il est important de libérer la parole de tous. Un sondage de 2021 le reflète bien : 6,7 millions de Français ont été agressés sexuellement au cours de leur vie, soit 3 enfants par classe ! C’est un fléau avec des statistiques dramatiquement stables. »

Silence À L’Écoute, voilà qui ressemble à un oxymore (NDLR : allier deux de sens contradictoires) : « Chaque victime met en général des années à parler, en général 20 ans. Le cerveau pour apaiser les souffrances préfère débrancher les souvenirs. Mais ils remontent inexorablement à la surface par le fait de se trouver dans une pièce, une odeur, une sensation… Tout nous revient en tête… aussi violemment que l’agression. Ces 20 ans de silence, ces 20 ans de souffrance, ces 20 ans de dysfonctionnement, nous voulions faire en sorte que nous puissions l’écouter ce silence. » L’enjeu est de libérer la parole, de démontrer qu’il est possible, qu’il est nécessaire de révéler ses traumas afin de progressivement « se réparer ».

« Je t’écoute, je te crois, ce n’est pas de ta faute »

Croire en la parole de l’enfant alors que l’entraîneur est avenant. On assiste ici au même combat pour la reconnaissance du statut plein et entier des femmes victimes de viol. « Une enfant, un ado, une femme qui fait la démarche de déballer son histoire, c’est sérieux. L’indispensable dans le recueil de la parole, c’est que je t’écoute et je te crois, et lui dire de la façon la plus sincère possible : ce n’est pas de ta faute, ce que tu as subi est interdit par la loi. Tu es la victime. Le coupable, c’est l’auteur de ces faits abjects, de ces actes punissables. » Un conseil pour des parents qui remarqueraient des changements dans les attitudes de leur enfant : « Prenez conseil auprès d’une personne qui connait bien votre fils ou votre fille. Un médecin de famille, par exemple. On peut aussi tenter une des paroles simples : « Je m’inquiète pour toi. J’ai vu que tu avais changé. » Et là, on pose une question ouverte : « Que se passe-t-il ? » Et surtout après on fait le silence… afin d’écouter. Pour conclure, Benjamin Perreau insiste : « En parler, c’est avancer, c’est ce qu’on constate depuis 4 ans. »

Silence À l’Écoute des actions concrètes pour aller mieux :

L’association ébroïcienne s’est donnée l’objectif d’accompagner les Victimes de Violences Sexuelles dans l’enfance dans leur libération de parole. Ainsi, elle déploie différentes actions dans les milieux scolaire, socio-éducatif et sportif afin de sensibiliser, prévenir et accompagner sur ce sujet et ainsi endiguer ce fléau sociétal qui affecte considérablement la vie des victimes ayant subi ces traumatismes.

Des actions concrètes :

  • Des groupes de Parole victimes

Ce sont des espaces d’échange gratuits dédiés aux victimes de violences sexuelles dans l’enfance.Ils sont réservés aux adultes et ne peuvent pas accueillir des personnes mineures. Ils sont animés par un binôme de thérapeutes : une psychologue et un sophrologue spécialisés sur le sujet.

  • Des temps de sensibilisation ouverts à tous

Ce sont des temps de présentation et d’échange où les permanents de l’associations sont amenés à partager les témoignages des intervenants, discuter du cadre législatif lié à la pédo-criminalité et des impacts physiques et psychologiques connus par les victimes.

L’équipe de Silence À l’Écoute intervient aussi sur les bienfaits que procurent la libération de la parole, sur les profils de pédo-criminel existants et les diverses situations de vie quotidienne au sein desquelles les violences sexuelles se pratiquent.

–       Des formations sur le sujet de la pédocriminalité

Silence À l’Écoute met en place des formations destinées aux professionnels en milieu scolaire, santé, socio-éducatif et sportif (enseignants, infirmières scolaires, éducateurs, assistantes sociales, entraineurs, dirigeants, bénévoles…) dans lesquelles les permanents de l’associations déclinent le cadre législatif existant, délivrent des outils concrets pour écouter, agir, et réagir face à ces situations. Ils évoquent les procédures à mettre en place et à respecter. Ils présentent aussi des témoignages et cas concrets de situations en milieu professionnel, tout ceci construit dans un échange permanent avec les personnes formées.

  • Sophr’Eau

La sophrologie mêlée à l’apnée améliore la capacité pulmonaire en renforçant les muscles respiratoires, réduit le stress et l’anxiété grâce à la production d’endorphines et offre un relâchement corporel et mental. Cette activité permet une reconnexion à soi par la respiration consciente.

Pour connaitre les actions et les interventions, pour prendre conseil et être orienté :

silencealecoute.fr / Facebook Silence À L’Écoute / Instagram silencealecoute

silence.a / [email protected] / 07 49 63 94 78.